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Maroc: Activités

LA PARTICIPATION POLITIQUE DES JEUNES : ENTRE DISCOURS ET REALITE

Cette rencontre vient de la conviction de la Jeunesse Harakie de la nécessité et l’importance d’instaurer un dialogue continu avec ses membres d’un côté mais aussi avec les jeunes en général sur les différents thèmes d’actualité qui les concernent spécifiquement.

A l’horizon des prochaines élections législatives, le discours sur le rajeunissement de la classe politique revient au cœur des polémiques, d’où la nécessité d’ouvrir un débat sur la question de la participation politique des jeunes notamment dans un contexte actuel marqué par l’adoption d’une nouvelle constitution qui représente en effet une nouvelle feuille de route pour renforcer la participation et l'adhésion des jeunes à la vie politique.

Chacun des participants a essayé, à travers son intervention, d’exprimer sa vision sur la problématique de la participation des jeunes au sein de la sphère politique. Cette rencontre a été en effet l’occasion de revenir sur un contexte, des comportements, des structures hermétiques qui encourageaient le rejet de la politique par les jeunes et qui ont limité amplement leur accès à la gestion de la chose publique nationale et locale (changement de la donne démographique sur l’espérance de vie, mentalité conservatrice des leaders politiques, image négative portée sur les jeunes considérés longuement comme immatures, inconscients, irresponsables…).  

Mais actuellement, une société dont les deux tiers sont des jeunes, représentant une force motrice et une source de renouveau et de changement, ne peut tolérer davantage être marginaliser du champ politique et des postes de décisions mais surtout aussi avoir des institutions qui sont loin de traduire une représentation effective des citoyens et qui souffrent de maux tels l’incompétence, le vieillissement des députés, l’analphabétisme de leur majorité et la corruption de certains d’entre eux.

Une réalité décriée par la grande majorité des marocains et même au sein de la classe politique actuelle elle-même, mais qui pointe à la même occasion le double discours adopté par certains partis politiques quant à leur position vis-à-vis de l'initiative du Ministère de l'Intérieur à travers le projet de loi organique relatif à la Chambre des Représentants et qui prévoit une représentativité des jeunes au sein de la future institution législative à travers une liste nationale mixte.

En effet, un paradoxe de la part des partis politiques qui se sont inscrits dans une logique de rajeunissement, garantissant la représentativité des jeunes dans leurs différentes instances et organes organisationnels à hauteur de 20% mais qui aujourd’hui, s’opposent à leur représentativité au sein du Parlement.

 Une telle position suscite plus d’un point d’interrogation sur la volonté réelle des partis politiques et contribue à semer la zizanie dans la vie politique et démocratique surtout que ces derniers ont un rôle clé dans le processus démocratique. Car même si la nouvelle constitution a jeté les bases d'un renouvellement de la classe politique, elle ne peut être effective que si les partis politiques opèrent un profond changement au niveau du mode de leur gouvernance.

D’ailleurs, tous les participants ont souligné que l'étape politique actuelle au Maroc est décisive et représente une occasion en or pour crédibiliser l’acte politique et favoriser ainsi la réconciliation des citoyens, surtout les jeunes, avec l'action politique dans sa noble acception patriotique.

Dans ce sens, le "Mouvement de la jeunesse marocaine pour une représentativité politique maintenant" qui regroupe 29 organisations de jeunesse et 17 autres de la société civile, plaide pour l'ouverture de la voie devant la participation politique des jeunes aux prochaines échéances électorales afin d’amorcer un véritable renouvellement des élites qui représente un des leviers de la démocratie.

D'autre part, le Mouvement a estimé que la position de certaines organisations féminines ayant rejeté la liste nationale conjointe entre les femmes et les jeunes porte préjudice aux combats communs menés par les jeunes aux côtés des femmes et au soutien permanent de la jeunesse aux causes justes de la femme marocaine.

La solution des quotas, pierre angulaire de cette approche, constitue malgré la diversité des tendances, de l’avis de tous, une mesure certes discriminatoire mais nécessaire. L’essentiel étant de parvenir via la liste nationale à un Parlement balayé par un vent de jeunesse et donc partiellement renouvelé, plus en conformité avec la pyramide des âges du pays et du coup moins dominé par la mainmise du phénomène des notables. Mais il ne faudrait pas tomber dans le piège de considérer ce changement comme un simple changement biologique de l’âge ou du sexe de nos politiciens, mais bien un changement des idées, des attitudes et des approches avec lesquelles nous traitons la chose publique. La féminisation ou le rajeunissement de la classe politique actuelle ne sont que des moyens, l’objectif principal reste de rajeunir les idées, conceptions et mentalités dominantes.

Être jeune est nécessaire mais il faut surtout être capable d'apporter une réelle valeur ajoutée aux débats et redonner à l’institution législative toute la force politique, morale et effective qu’elle devrait avoir dans un pays démocratique. Un jeune député qui emploie les mêmes méthodes et s’inspire des mêmes procédés pour gérer la chose publique que certains députés critiqués aujourd’hui ne peut déboucher que sur une reproduction fidèle des pratiques et résultats obtenus actuellement.

En guise de conclusion, les intervenants n’ont pas omis de mettre l’accent sur le challenge à relever est qui est la question de la relève. En effet, le rajeunissement et le renouvèlement des élites politiques doivent être une culture au sein des partis politiques. Ces derniers doivent apprendre à préparer leurs jeunesses à prendre la relève pour ne plus avoir besoin d'une quelconque liste. Ainsi, la liste nationale devrait être considérée comme une liste transitoire servant de tremplin pour une implémentation locale sans laquelle il est difficile de parler d’engagement politique. Elle ne doit en aucun cas se transformer en un moyen de rente politique ou acquis.

 Aussi, cette initiative a été apprécie de tous, présentant une occasion d’adresser un message fort et clair aux dirigeants des instances politiques et démontrer que les jeunes peuvent se rallier, malgré leurs divergences d’idéologies et d’orientations politiques, à une même cause, celle de défendre le droit des jeunes marocains à accéder aux prochains mandats électoraux.

 


Date: 25.08.2011
Forme de manifestation: Rencontre-débat
Lieu: Rabat
Partenaire: Jeunesse Harakie
Groupe cible: le grand public

Auteur : Jeunesse Harakie

07.10.11